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16.04.2008
Mahajanga tire la sonnette d'alarme
Par Renaud Rianasoa Raharijaona
Les jours s’égrènent et se ressemblent du côté de la ville des fleurs. Les délestages se font persistants, et cette fois, des employés de la Jiro sy rano malagasy (Jirama) subissent la foudre d’une population désespérée.
Mahajanga est au bord de la rupture ! L’alerte est donnée par des habitants autant mécontent qu’excédé par une situation des plus chaotiques. Le bout du tunnel, le ministre de l’Energie Elysé Razaka l’a promis pour début mars. Depuis, les délestages n’ont pourtant pas baissé leur rythme, bien au contraire.
La direction régionale de Mahajanga s’avoue impuissante face à la situation qui prévaut. En effet, la centrale électrique locale (d’une puissance de 5200 Kw) ne couvre que près de 70% du besoin journalier de la ville des fleurs. Les groupes électrogènes qui seront amenés à renforcer la centrale, d’une puissance chacune de 1000 Kw, ne devrait pas être opérationnel avant un petit bout de temps.
Aussi, les délestages continuent de plus belle. Les habitants de certains quartiers de Mahajanga dénoncent pourtant le « délestage tournant ». L’un d’entre eux s’indigne : « pourquoi parler de délestage tournant lorsque à Tsaramandroso, à Ambalavato ou à Mahabibo, l’électricité est régulièrement coupée entre midi et deux heures du matin, et dans d’autres quartiers privilégiés, l’électricité ne fait presque jamais défaut. Une coupure de 5 mn est l’un d’être un délestage ».
Un traitement à deux poids deux mesures qu’une partie de la population semble très mal digéré. La semaine passée, un tract avait appelé à se masser devant le siège de la Jirama, sans avoir convaincu des partisans.
Durant le week-end, la situation est pourtant montée d’un cran à Mahajanga. Dans plusieurs quartiers de la ville des fleurs, l’électricité manquait à l’appel le vendredi 11 avril de 22 heures à 14 heures le lendemain. Le même jour, c’est entre midi et 2 heures du matin que le délestage faisait rage.
Samedi, point de courant entre 17 heures à 5 heures 30 le lendemain, et de midi à 2 heures du matin, dimanche. Autant dire que le temps pour profiter de l’électricité est fortement limitée, ce qui n’est pas sans provoquer la colère de la population après de multiples promesses, pourtant dénuées d’action, quant à la fin des délestages.
Aussi, à l’issue du week-end catastrophique, des employés de la Jirama se sont plaint de recevoir des menaces anonymes. Selon eux : « les gens pensent que tout est de notre faute, du coup ils menacent de brûler nos effets personnels tout comme les matériels des bâtiments de la Jirama ». Certains d’entre eux auraient même déjà déménagé leurs effets personnels ailleurs, par précaution.
A Mahajanga, des centaines de petits commerces ont perdu plus de la moitié de leur clientèle pour cause délestage. Lorsque l’on est poissonnier, difficile de garder les poissons au frais quand le congélateur n’est alimenté en électricité que de façon sporadique. Encore heureux que certaines entreprises ou établissements hôteliers bénéficient de groupe électrogène. Sans compter que la hausse des prix du carburant plombe quelque peu les budgets de ceux qui en ont.
A l’allure où vont les choses, ce sont plus d’une centaine d’emplois qui risquent de disparaître, des entreprises sont sous la menace d’un dépôt de bilan. Pire, la population se dit « mortifiée » ! La direction locale de la Jirama se dit elle-même dépassée ! Du côté de la maison mère de la Jirama à Antananarivo, le silence est d’or. D’autant plus que dans la capitale, à un degrés moindre cependant, les délestages ne font pas non plus partie du passé.
Mahajanga, la ville des fleurs, tire la sonnette d’alarme. C’est bien une ville entière qui est en détresse, et c’est bien mauvaise presse pour une région qui vit en grande partie du tourisme.
17:07 Publié dans Les Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note































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