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30.12.2007
Demain sera un autre jour
Par Renaud Rianasoa Raharijaona
Un plafond de nuages au plus bas, un temps maussade … Inutile de gamberger plus qu’il n’en faut, on est bien fin décembre. Maussade, le temps est à saper le moral de n’importe qui, mais de toute façon, la Grande île est habituée. Car voilà maintenant des décennies que ça dure. Qu’importe donc! L’accueil de la nouvelle année, plus d’un sont prêts à le fêter à la façon Mokobé : « c’est dans la joie là qu'on va swinguer », comme il le chante dans l’un de ses nombreux tubes.
La joie, le temps de chien n’arrangeant pas les choses, n’est pas toujours facile à vivre. Car, sans vouloir verser dans un scepticisme disproportionné, pas facile pour les nombreux sans abris, nouveaux sinistrés et autres miséreux que la chance a oublié, de fêter le nouvel an avec allégresse. Pour eux, demain ressemblera à aujourd’hui, comme aujourd’hui ressemblait à hier.
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Pour d’autres, faire ses adieux à 2007 tombe à point nommé. 2007, une lourde année politique qu’il faut vite oublier pour certains, qu’il faut retenir profondément graver dans nos mémoires pour d’autres. Certains, dont les multiples défaites électorales et bourdes stratégiques, ont vite fait de les rayer de la carte politique « active ».
Certains, ou l’opposition plutôt, disons les choses ouvertement, tablent sur l’année à venir pour espérer rebondir au mieux. Une nuit de sommeil porte conseil, aime-t-on à dire. Du coup, le passage d’une année à une autre pourrait apporter sans doute mieux que des recommandations. Mais là encore, le conditionnel est loin d’être une certitude. Si bien que de croire au réveil d’un fleuve endormi relèverait simplement de l’utopie.
Car la douve creusée par l’année 2007 entre l’opposition et le pouvoir en place, est aujourd’hui aussi immense que le fossé jugé insurmontable – sans vouloir ici abuser d’un amalgame biscornu et non approprié – entre les privilégiés et les nantis. D’ailleurs, c’est bien à pareil moment de l’année, où les uns s’en donnent à cœur joie, et d’autres se tapissent dans les tunnels de la capitale avec des bribes de cartons comme abri, que le relief entre riches et pauvres est le plus saisissant.
Un fossé et une nouvelle année que beaucoup ne respireront plus. Car à l’instar de l’Abbé Pierre, Jean Claude Brialy, Tôty, Zafihita, Oscar Peterson ou encore le sud africain Lucky Dube, nombreux personnages qui ont marqué le monde ( en général) et la Grande île (en particulier) ont quitté le monde des vivants. Le paysage culturel en a payé le plus lourd tribu, si bien que des plaisantins s’amusent à dire que ces nombreux artistes se sont donné un rendez-vous pour un traditionnel « after show » dans l’au-delà.
Un humour noir, sans doute tailler pour mieux faire passer la pilule du chagrin et de l’angoisse du lendemain. Car demain, nul ne sait si la galère économique que l’on vit au quotidien, mesurée par le pouvoir d’achat fébrile et les prix en perpétuelles hausses, se stabilisera enfin.
Ce soir à minuit, à la seconde où la petite aiguille de l’horloge franchira le « 12 », une nouvelle année viendra briller de mille feux, arrosée de champagne et de paillettes, le temps de quelques heures encore. Car au petit matin, le temps reprendra son cours, et pour certains de nos concitoyens, la nuit aura ressemblée à celles qui l’auront précédées. Pour eux, une pensée, de l’affection, un geste ne serait pas un luxe. En espérant que grâce à ce que nous pouvons leur apporter, demain sera pour eux, un autre jour …
22:50 Publié dans Les Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note































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