11.12.2007

Un petit tour et puis s'en va

Par Renaud Rianasoa Raharijaona

Un petit tour et puis s’en va ! Ça pourrait sans doute être le titre d’un bouquin classé bibliothèque verte – tiens, vous en souvenez-vous ? – mais ça ne l’est pas. Ça pourrait en revanche résumer le parcours de ceux et de celle qui sortiront défaits des communales du 12 décembre, comme ça l’a été pour de nombreuses autres grandes personnalités éphémères du paysage politique mondial.

Des élections présidentielles américaines de 2000, l’histoire retiendra la victoire au photo finish de Georges Walker Bush. La mémoire flanche toutefois lorsqu’il s’agit de donner un nom à son adversaire de l’époque. Al Gore, parce qu’il s’agit bien de cet ancien sénateur du Tennessee et ancien vice président sous Clinton, a pourtant failli damé le pion à Bush cette année là. Se payant même le luxe d’être majoritaire en voix, sauf que Bush était majoritaire en nombre de grands électeurs.

La joute électorale entre Al Gore et Bush avait passionné toute l’Amérique. Une passion qui n’a pas manqué de traverser les frontières. L’annonce des résultats a pourtant vite fait d’éclipser Al Gore de la vie politique. Même récit, même conclusion quatre ans plus tard. Cette fois, le duel mettait au prise le sénateur du Massachusetts John Kerry à … Georges Walker Bush. Là encore, la passion n’aura duré que le  temps d’une campagne. Éclipsé, John Kerry en est même arrivé à annoncer en janvier de cette année qu’il ne se présenterait pas aux primaires de 2008.

Populaire dans son pays dont il était Chancelier depuis 1998, Gerhard Schröder s’est lui aussi éteint sur la scène politique allemande et mondiale après sa défaite électorale en novembre 2005 face à Angela Merkel. Une défaite qui a poussé Schröder à démissionner de son mandat de député au Bundestag, et à reprendre ses activités d'avocat et de conseil. Dur de retourner dans l’anonymat politique après avoir diriger l’une des plus grande puissance européenne.

Dure aussi la défaite de Ségolène Royal lors de la présidentielle française de 2007. Porté par un engouement populaire hors du commun, le duel Sarkozy – Royal a déchaîné bien des passions. La côte de Ségolène Royal est d’ailleurs montée si haut qu’elle a fini par devenir la première femme à avoir accédé au second tour de l'élection présidentielle. Mais bien sûr, une défaite électorale étant loin d’être un cadeau, la popularité de Ségolène Royal a pris un sacré coup de moue.

A Madagascar, une défaite électorale est aussi souvent suivie d’une longue traversée du désert, ou même d’une disparition … subite. L’accès au pouvoir de Marc Ravalomanana en 2002 n’a-t-il pas poussé l’Amiral Didier Ratsiraka vers la sortie ? Une leçon a tiré, certainement, mieux vaut gagner. L’ivresse de la popularité ne dure qu’un temps, le temps d’une campagne, autant en profiter. Car au lendemain des élections, seul un candidat pourra se targuer de ne pas avoir fait « un petit tour et puis s’en va », mais dire lequel, c’est une autre histoire ...
 

Commentaires

Oui, oui, huit mois à la tête de la mairie sans avoir été lu, c'est bien un petit tour ...

Ecrit par : Jean | 16.12.2007

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