03.09.2007

Opération Tampody, traque aux Dahalo en plein coeur du Bongolava

Par Renaud Rianasoa Raharijaona
Paru dans Les Nouvelles le 13 décembre 2004

 

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Dernier volet de mes écrits qui ont marqué mes souvenirs au sein de Les Nouvelles. Un reportage comme j'aime les faire, avec de l'action. Cinq jours, j'ai vécu au rythme d'une demie douzaine de gendarmes qui ont traqué des daholo au fin fond de la brousse. Cinq jours sans téléphones, au beau milieu de la "zone rouge", et parmi les Dahalo les plus dangereux de la Grande île, il n'y a rien de plus excitant!


Sur les traces de Kaza, en plein coeur du Bongolava

D'emblée, la sécurité est devenue un maillon essentiel de la bonne gouvernance et du développement rapide en toute sérénité. Dans la capitale, les forces de l'ordre multiplient les opérations coups de poings et les descentes nocturnes. Ailleurs, dans la brousse en particulier, ce sont les gendarmes qui retroussent leurs manches pour mettre fin aux vols de boeufs.
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66 têtes de zébus disparues! C'est le terrible constat d'Isabelle Ramananjarosoa, propriétaire des bovidés volés. Les  "dahalo" ont profité de l'absence de la veuve, et non moins mère de quatre enfants, partie rejoindre une cérémonie dans un village voisin, pour s'emparer de ses biens les plus "précieux". Le vol de zébus fait partie du lot quotidien des riverains de la région du Bongolava. D'ailleurs, Belobaka et Kiranomena sont classées "zones rouges"par les autorités. Dans cette nouvelle affaire, Kaza est pointé du doigt. L'homme a déjà été mis aux arrêts dans le passé, mais relaxé par le tribunal de Miarinarivo, faute de preuves tangibles. Depuis septembre, deux suspects du vol de zébus d'Isabelle Ramananjarosoa ont été incarcérés. Kaza, étant désigné comme principal cerveau de l'opération, est désormais l'individu le plus recherché du Bongolava. C'est ainsi que la gendarmerie a mis en place une opération spéciale dans le but d'appréhender Kaza et de récupérer les zébus disparus. A cet effet, les "gros" moyens sont mobilisés : hélicoptère, radio BLU portative, armes, et bien sûr,un détachement de 15 gendarmes, dirigé par le Commandant de Compagnie Gilbert Ralaibeza. Le dimanche 5 décembre, l'opération coups de poing "Tampody"est déclenchée!


4 fusils de chasse saisis sur 7 contrôlés

738d91ba08bc19ff97c253dcc77ee4dd.jpg En tenue de "guerre" (uniformes et sandales), les 15 éléments de la gendarmerie débarquent à Ambondro armés de AKM ParaTrooper et Kalachnikovs. Selon les renseignements reçus par la gendarmerie , c'est dans cette petite localité située à 90 kilomètres de Tsiroanomandidy que Kaza se réfugie. Les gendarmes procèdent immédiatement au bouclage du périmètre, et regroupent tous les hommes du village, mais pas de trace de Kaza. Le commandant de compagnie, Gilbert Ralaibeza passe alors à l'interrogatoire,et les "hommes"passent un à un devant le commandant. Le doute s'installe, les réponses divergent d'un villageois à un autre. Les éléments de la gendarmerie sont contraints de passer à une "sage" perquisition des cases, toujours à la recherche de Kaza qui demeure introuvable. Dans le refuge des femmes, Famoza, la femme de Kaza, est également recherchée. Solidaire,la gent féminine n'abdique pas devant les questions de Chef Nasolo, qui se font de plus en plus pressantes.  En milieu d'après-midi, les faits sont là, Kaza a pris la poudre d'escampette. Une partie des gendarmes quadrille le petit village d'une vingtaine de cases, tandis qu'une autre regroupe les bovidés des alentours. Bilan de l'opération, 7 armes contrôlées dont une saisie et 82 zébus contrôlés.  Par ailleurs, un des fusils de chasse saisi jouit d'une autorisation en bonne et du forme. Seul bémol, la signature de l'ancien président de la délégation spéciale de la province d'Antananarivo, le général Ferdinand Razakarimanana diffère d'un papier à un autre. L'arme est ainsi réquisitionnée pour fausse signature.


Alerte à Kiranomena, les "dahalo" ont encore frappé

Les jours se suivent, mais ne se ressemblent pas. Éprouvés par des journées particulièrement épuisantes, les gendarmes profitent des petites pauses pour se refaire une petite "santé". La journée s'annonce encore plus rude, car la joyeuse troupe doit lever le camp pour poursuivre les recherches à Ankavandra kely et à Ambatobe. Au cours d'une communication radio, le Commandant de compagnie Gilbert Ralaibeza apprend que 77 bovidés ont été la cible de "dahalo" à Kiranomena. Le commandant envisage de poursuivre la mission de ce côté-là, après l'opération "Tampody". Par ailleurs, la destination d'Ankavandra kely est finalement annulée. Sur le chemin, "chef Zo"a été emporté par les eaux, mais finalement récupéré à des encablures plus bas. Une épopée qui a marqué les esprits des gendarmes, qui ont ainsi rebroussé chemin.


Trois à six heures de marche pour un ratissage à grande échelle 

f93f65558483ca391a447006f227014c.jpg Lundi, le commandant de compagnie Gilbert Ralaibeza sonne le clairon dès six heures du matin, et effectue une rapide revue des troupes. La radio BLU portative installée, les gendarmes se préparent à un ratissage à grande échelle à travers les montagnes du Bongolava. Objectif, ramener tous les zébus dans les pâturages à Ambondro. Par groupe de deux, les "petits" gendarmes arpentent les mille  et une collines du Bongolava, sous une chaleur accablante, et sur une terre hostile à la marche. Au bout d'une heure de parcours épuisant, le premier groupe trouve enfin un petit troupeau d'une dizaine d'individus. Une heure plus tard, un second troupeau est «cueilli» par le même groupe. Regroupés, ils sont acheminés vers Ambondro à un rythme de sénateur. Au final,les premiers groupes parviennent au quartier général après trois heures de marche. Les moins ardus et les moins téméraires ne répondent à l'appel qu'après six heures. A Ambondro, 129 têtes de zébus ont été contrôlées, et 56 mises en fourrière pour vice de forme. 13 bêtes de Kaza ont également été saisies, et acheminées vers Belobaka, à 45 kilomètres à pied du petit village.   Dans la nuit, un gendarme rapporte au Commandant de compagnie qu'un individu suspect a été aperçu sur une colline, non loin du village, en train de scruter le mouvement des troupes. Les soupçons se portent sur Kaza.  

 

1.200 bovidés contrôlés par semaine à Tsiroanomandidy
0079789e17f2d36355af0d293ef71fcf.jpg Si le marché des bovidés (mercredi et jeudi) a fait la renommée de Tsiroanomandidy,les vols de zébus l'ont rendu "tristement" célèbre.  "Les cas ne sont plus aussi fréquents qu'avant. On a remarqué une baisse significative des plaintes" souligne le Commandant de compagnie Gilbert Ralaibeza. En effet, la ville n'est pratiquement plus touchée par les "dahalo". En revanche, les falsifications de papiers y font fureur. Ainsi, "le marché de Tsiroanomandidy regorge de boeufs volés, jouissant de faux papiers" déplorent les gendarmes de la région. Le contrôle s'avère néanmoins rude, car en moyenne 1.200 zébus entrent en ville par semaine. Les papiers en question sont les "passeports"des bovidés. Les propriétaires doivent posséder un certificat d'origine de bovidé et un certificat de vaccination émanant du vétérinaire, pour chaque bête. Ces papiers sont également nécessaires pour pouvoir marquer l'animal au fer rouge. "On constate trop de fraudes. Il y a souvent plus de trois signatures différentes alors que le nom du signataire est le même"s'exclament les gendarmes chargés des contrôles, avant d'ajouter : "on en déduit que certains propriétaires signent eux-mêmes leur passeport, ce qui laisse planer des doutes sur l'origine des zébus". 


Kaza reste introuvable après unesemaine de recherche

e14e883b7f609c98992fda6c657b11e4.jpg Après une semaine de recherche et de ratissage, dans des conditions parfois extrêmes, les gendarmes sont devant une vérité dure à avaler, Kaza est introuvable. Néanmoins, les résultats sont plus qu'encourageants, vu les conditions de travail. 79 zébus ont été mis en fourrière,et 58 restitués à leurs propriétaires. 16 d'entre eux sont la propriété de Kaza, et cinq sont l'objet d'un litige entre les "propriétaires" et Isabelle Ramananjarosoa, toujours à la recherche de ses 66 zébus volés. Du côté du périple d'Ambatobe, treize bovidés de Rémy Rajama ont été mis en fourrière. L'homme est actuellement sous les verrous, à Miarinarivo, pour vol de boeufs. Miarinarivo étant la seule ville des alentours ayant un tribunal et une maison d'arrêt. Par ailleurs, que ce soit à Ambondro ou à Ambato, les gendarmes ont toujours été bien accueillis. La nourriture leur est gracieusement offerte par les villageois. A Ambondro, un zébu a été offert en offrande aux gendarmes. Le périple d'une semaine s'est finalement déroulé sans encombre. Toutefois, une absence est à déplorer, celle de ... Kaza!

Commentaires

Je me souviens qu'une idée avait été lancée par l'Etat à propos du vol de bovidés : metrre des puces électroniques. Qu'en est-il désormais? Des paroles en l'air, comme d'hab. Beau reportage sinon, et bienvenue en ville !

Ecrit par : Razily | 04.09.2007

ooooF ! Depuis le temps que le phénomène existe, si on avait vraiment voulu y mettre un terme ... si on avait autant d'énergie que certains ont mis pour bâtir rapidement un auditorium à Iavoloha! Oh mes aïeux ...

Ecrit par : sisokely | 04.09.2007

Dia midera ny zandary miasa mafy aho. Ontsa ny foko mieritreritra azy ireo mandeha tongotra ela be amin'ny lalana sarotra.
Tsaroako tao amin'ny musee de l'anthropologie tao Isoraka nisy fampisehoana sarin'ireo zandary maty teny ampanenjehana dahalo. Be dia be, tena mahakivy ny nijery ny sarin-dry zareo. :-(
Misaotra anao nizara ity lahatsoratra ity.

They are unsung heroes.

Ecrit par : sipakv | 04.09.2007

C'est bien vrai, le travail de forcené de ces gendarmes est fort louable, mais pas toujours récompensé à leur juste valeure. Ils méritaient bien un reportage! Merci à vous "Just Renaud", et comme le dis "sipakv" : They are unsung heroes !

Ecrit par : Zandary | 06.09.2007

cher journaliste rédacteur, vous aves commis petite erreur en écrivant mon nom, au lieu de hubert, vous avez écrit gilbert. c'est nous qui étions ensemles pdt cette opération, je ne suis plus labas, je travaille ici à tàna fort duchesne depuis un an. vous avez encore utilisé ma photo dans le journal hebdo lors évenement qui s'est passé à marovoay mahajanga en mois de mars, je suis pas exigeant mais on peut se parler. merci bcp d'avoir publié ce résultat car c'est méritant qd même mais qd j'ai erreté les évadés d'antanimora vers mois de juillet ( matevasoa et consorts, ayant mis en cause un mbr du parlement) ça n'a pas été apparu , merci à vous

Ecrit par : ralaibeza hubert claudion | 28.09.2007

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