02.09.2007
Ankadifotsy, le quartier de l'ancienne bourgeoisie n'a rien perdu de sa renommée
Par Renaud Rianasoa Raharijaona
Paru dans Les Nouvelles le 17 octobre 2004
Ankadifotsy, quel beau quartier. J'y habite seulement depuis quelques mois, mais croyez-moi, il fait bon y vivre. On y manquerait presque de rien. Un petit saut dans un bus, et on est à quelques minutes près du centre ville, de la clinique, des grandes surfaces. Sans parler de l'omniprésence des petits commercants à chaque coin de rue. Puis quand vient la nuit, c'est l'odeur des grillades qui s'invitent à vous. Que du bonheur.
Terre de légende, lieu de villégiature
Carrefour débouchant sur Manjakaray, Analakely, Ambondrona, Antanimena et Ankorondrano, Ankadifotsy n'est plus ni moins qu'un village dans la ville. Tout est à portée de main. Bâti sur un ancien cimetière dans le milieu des années 1950, l'un des châteaux de la capitale, abreuvant les Tananariviens en eau potable, y est également implanté.
A propos de l'appellation Ankadifotsy, plusieurs thèses vont bon train. Jadis, dit-on, la terre était tout simplement blanche dans ce quartier. Du temps de la royauté, en revanche, des anciens avancent que la région était un cimetière qui, par le biais des rayons de la lune, devenait fluorescent. Et c'est un quartier blanchâtre que le souverain apercevait du haut de son palais de Manjakamiadana.
La thèse la plus vraisemblable néanmoins, est celle qui affirme que le quartier était à l'époque de la royauté habité par la haute bourgeoisie non gouvernante. La famille Raharo en faisait partie. De ce fait, les habitants étaient tous d'un teint blanchâtre. Et c'est ainsi que naquit Ankadifotsy.
Il ne faut pas non plus oublier qu'un grand de ce pays repose désormais dans le quartier d'Ankadifotsy. Exécuté sur ordre de Galliéni le 15 octobre 1896, le ministre Rainandriamampandry était un intellectuel protestant. L'homme était accusé d'avoir été, avec le prince Ratsimamanga, à la tête de l'insurrection des Menalamba à l'époque.
… Enfants de la nuit !
La nuit, normalement, est réservée au repos du guerrier. Eprouvé par la journée, et pour son salut, tout un chacun devrait passer inéluctablement une nuit de sommeil, censée être bienfaisante.
En revanche, c’est la nuit qu’Ankadifotsy se réveille. Il faut se lever à une heure du matin pour voir les laveurs de voitures du quartier s’adonner à leur travail. Un moyen comme un autre de gagner sa vie
Armés d’un chiffon et d’un seau d’eau, ces hommes bravent le froid pour astiquer, essuyer et dorer les vingtaines de voitures agglutinées dans les rues Docteur Rajaonah et Rakoto De Monplaisir.
Autres activités nocturnes, les brochettes et snack-parties ! On recense une dizaine de ces petits commerces, ouverts sept jours sur sept. En moyenne, plus de vingt kilos de viandes sont liquidés chaque soir !
La nuit, pour bien finir la soirée, rien de mieux qu’une petite virée à l’ex- Macumba et danser jusqu’au bout de la nuit. De toute façon, si problème il y a, la clinique des sœurs franciscaines d’Ankadifotsy n’est qu’à quelques pas de là!
Rajery, prince de la valiha, pur produit du quartier
Fils de paysan, Rajery (sur la photo) a perdu les doigts de sa main droite à l’âge de onze mois et l’avenir semblait s’assombrir devant lui. C’est sans compter sur une foi immense et une passion quasi inconditionnelle pour la musique.
De son vrai nom Germain Randrianarisoa, Rajery a grandi dans les travées d’Ankadifotsy et s’est très vite attaché à la valiha, symbole musical et instrument traditionnel le plus utilisé dans la musique populaire de la Grande île.
Ingénieux et volontaire, notre homme a su inventer un style qui lui est propre. En 2002, il décroche le prix découverte RFI, et à son actif figurent déjà trois opus : «Dorotanety», «Fanamby» et «Volontany». Mieux, Rajery possède une école de valiha à … Ankadifotsy !
Le ballon ovale, une affaire de … famille
83 années d’existence, et des titres à la pelle, l’Union sportive Ankadifotsy (USA) possède un palmarès exceptionnel ! À l’époque, le millésime du rugby national s’appelait Ambondrona, Isotry, Ambanidia ou encore Andravoahangy. Des cadors qui ont depuis disparu et laissé place aux Tam Anosibe, 3FB et autres FT Manjakaray.
L’US Ankadifotsy, auparavant, a presque tout gagné à l’exception du titre suprême de champion de Madagascar. Chose rectifiée cette année grâce à la bande à Lida. On disait l'équipe sur le déclin, la voici remportant haut la main le championnat en septembre dernier face à la F.T. Manjakaray, en catégorie senior.
La victoire n’a rien d’historique en soi, à ceci près que les joueurs sont pratiquement tous issus du quartier. De plus, 95% d’entre eux sont en fait les descendants des glorieux rugbymen d’Ankadifotsy d’antan. Une affaire de famille donc.
Autre fait exceptionnel, l’attachement des joueurs au quartier. Les rugbymen, les jours de repos, œuvrent pour la société nuit et jour si bien que l’insécurité au sein du quartier n’est plus vraiment d’actualité.
Bienvenue à Cyber City
Quartier résidentiel, lieu de commerce, Ankadifotsy est aussi un petit village à la pointe de la technologie. En faisant un petit détour du côté de la rue docteur Rajaonah, surtout les mercredis après-midi et les week-ends, on rencontre facilement des jeunes filles et garçons faire la queue dans les cybercafés !
Des cybercafés, on en trouve quatre sur la même rue, regroupés dans un tronçon d’à peine cent mètres. La technologie de l’information et de la communication, et l’internet en particulier, attirent l'intérêt de la jeunesse locale, comme partout ailleurs.
La différence est qu’Ankadifotsy fut parmi les premiers quartiers à posséder des cybercafés. Ces lieux où on peut se connecter via internet librement et discrètement ! L’univers du copinage virtuel.
23:25 Publié dans Dossiers | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note































Commentaires
hay v tao ankadifotsy koa i rajery nandalo teto nantes izy omaly izaho koa dia avy ao ankadifotsy lehibe tao moa zany tsara tarehy ny zazavavy avy eny ankadifotsy o!!!
veloma e!!!!!!!!!!
Ecrit par : adriambololoniaina | 19.07.2008
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