06.06.2007

Obligation de résultat dites-vous ?

Par Renaud Rianasoa Raharijaona

Obligation de résultat ! Au lendemain de sa réélection à la tête de la présidence de la République, Marc Ravalomanana a de suite enclenché la vitesse supérieure dans son dessein de « développement rapide et durable » pour Madagascar. Il a ainsi invité son nouveau Premier ministre, Charles Rabemananjara, ainsi que les membres du gouvernement, à emboîter ses pas avec une obligation bien précise, celle du résultat.

Six mois ! Cela fait désormais six mois que le défi a été lancé. Et il faut se l’avouer, ces messieurs, membres du gouvernement, ont vu des joueurs bien meilleurs. Plus d’un remercie d’ailleurs le ciel de ne pas être à leur place. Patrick Ramiaramanana, ministre de l’Energie, a bien senti le vent d’une « révolte » d’une partie de la population. En cause, les délestages qui ont « plombé » l’état financier des entreprises des anciens chefs-lieux de province, et  pourri le quotidien de la population qui n’a bénéficié de l’électricité que quelques heures dans certaines localités.

N’était-ce d’ailleurs pas ce fameux délestage qui fut à l’origine des violentes manifestations, parfois mortelles, qui ont paralysé Toliara, Antsiranana et Mahajanga. Soit, malgré le profil bas affiché par le ministre de l’Energie en cette période de crise « passée », la situation s’est calmée. Et force est de constater que les paroles du président de la République à l’endroit des étudiants manifestant (à l’époque) n’y sont pas étrangères. Le grand manitou a parlé ! Du coup, l’arrivée des groupes électrogènes censés mettre fin aux délestages, ne fut qu’anecdotique, et Patrick Ramiaramanana, qui était la cible des critiques, n’aura pas fait sauté ses fusibles.

Un autre ministre qui n’aura pas vacillé d’un cil, Philémon Rabarison, celui des Sports. Au lendemain de la déroute des Barea de Madagascar au Gabon (défaite 4 à 0), les amateurs du ballon rond ont eu la gâchette facile envers l’homme fort du sport national. Vint ensuite une nouvelle défaite à Mahamasina, face à la Côte d’Ivoire cette fois, sans oublier les multiples remous autour de l’organisation des Jeux des îles de l’océan Indien. Et là encore, il a fallu une intervention de Marc Ravalomanana pour que les eaux troubles se calment. Le président de la République s’est attaché les services d’un haut technicien allemand pour le conseiller en football, et a invité les ministres à s’impliquer davantage en parrainant chaque discipline sportive pour le compte des Jeux des îles. Philémon Rabarison aura ainsi tenu ses 90 minutes !

Il n’y a sans doute pas de siège plus éjectable que celui de ministre, et les observateurs s’accordent d’ailleurs à affirmer que l’emploi de ministre n’est pas de tout repos, mais sortir sans encombre de l’œil du cyclone relève soit de la magie, soit de la ténacité … Ou le sens de « l’obligation de résultat » serait-il à prendre sous différents degrés ?
 

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