29.05.2007
Anarchie !
Par Renaud Rianasoa Raharijaona
Que serait une nation son gouvernant ? La réponse coule certainement de source, et se résume en la définition suivante : « l’absence de commandement et le désordre qui en résulte ». Ça n’a, évidemment, rien de sorcier, l’absence de commandement, de gouvernant, ne peut que mener à l’anarchie. Dans la Grande île, l’administration a bien compris l’équation, et se démène dans le dessein d’asseoir une autorité qui s’avère finalement utile.
Rappelons-le, un appel au devoir de réserve a été lancé aux étrangers par le président Marc Ravalomanana, les conseillons d’éviter de s’ingérer dans les affaires de l’Etat sous peine d’expulsion. Le même homme, en revenant de son voyage de Chine, a vite fait d’étouffer le vent de troubles qui prenait son essence dans les anciens chefs-lieux de province. Comme quoi, quand le grand chef reprend la barre, tout va.
Ce style de management, que certains chefs d’entreprise envient, et que des observateurs de la vie politique décrient, a sans nul doute le mérite de remettre dans les rangs quiconque jouerait au plus fin. Bref, la maison va « relativement » bien merci. Mais sans nul doute que d’autres pièces « oubliées » de la maison sont bien moins tenues, pour ne parler que de la rubrique football censé être prise en main par l’Etat.
L’équipe nationale de football, les Barea, affronteront le 3 juin à Abdijan les Eléphants de la Côte d’ivoire, dans le cadre d’un match retour qui s’annonce d’ores et déjà sans enjeux côté malgache. L’objectif n’est-il d’ailleurs pas de ne pas perdre la face pour le compte des Jeux des îles de l’Océan indien à domicile, en août ? Le hic, c’est que le capitaine du navire ne sera pas du voyage. Mic Andrianasy, sélectionneur des Barea en attente d’un technicien étranger, ne fera pas en effet le déplacement.
En revanche, Günter Zittel, qui est tout sauf sélectionneur national, sera bel et bien à Abidjan. Comment peut-on définir un tel impaire, l’absence d’un sélectionneur national à un tel rendez-vous ? « L’absence de commandement et le désordre qui en résulte » ? Sans doute. Le choix est difficile à saisir, d’autant plus que le sport n’a jamais été considéré à sa juste valeur au pays.
Difficile de ne pas se rappeler du coup de gueule de l’athlète Rosa Rakotozafy l’an dernier sur une onde privée de la capitale qui pointait du doigt le « m’en foutisme de l’Etat envers les sportifs ». Elle lançait alors un appel à Marc Ravalomanana, au nom de tous les sportifs, l’invitant à se pencher sur les conditions des sportifs. Appel entendu ?
Le sport, qui est loin d’être une priorité au pays (à juste titre souffleront certains), aura toutefois livré son lot de surprises au cours des dernières décennies. Parfait Rakotonirina, ancien champion du monde de boxe française savate ne peut que témoigner de l’âge d’or du sport local. Les tristement célèbres Bob et Carter, anciens cadres de l’équipe nationale de basket ball en leur temps, reconverti en gangsters dangereux, ne peuvent en revanche que témoigner de l’autre débouché, moins glorieux, du sport local. Comme quoi, partout comme en sport, l’absence de commandement ne peut que conduire à … l’anarchie !
23:50 Publié dans Les Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








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