25.05.2007

Laisser place aux critiques ?

Par Renaud Rianasoa Raharijaona

Dialogue, critiques, discussions, ou encore échanges. Il ne s’agit pas ici des mots appartenant à une seule et même famille, mais plutôt une recette – tout ce qu’il y a de subtile - qui ouvre grand les portes de la démocratie. Et c’est bien dans cette optique que dans la Grande île, comme partout ailleurs (l’on parle ici des Etats démocratiques, il s’entend), l’adage « une nation démocratique sans véritable opposition n’en est pas vraiment une » est criant de vérité.

Force est pourtant de constater, que malgré les quelques foyers de tensions ici et là, et les tentatives de regroupement des membres de l’opposition de la place, l’Etat est loin de vaciller, et poursuit sur un rythme de Sénateur, sa route vers le développement rapide et durable. Mieux, ou pire, selon les considérations, l’administration Ravalomanana prie tout ceux qui voudrait se mettre en travers du chemin vers le développement, à se terrer.

Qu’importe, les étrangers aussi sont avertis. N’ont-il d’ailleurs pas été sommé de ne jamais s’immiscer dans les affaires nationales ? Le ton est en tout cas désormais donné, et ce ton, c’est le résultat du dernier référendum qui l’a imprimé. « Oui » a-t-on répondu massivement (si l’on se réfère bien sûr aux résultats, et non au taux de participation) à la question du référendum qui était, en substance « acceptez-vous que l’on change la constitution pour le développement de Madagascar ? ».

Du coup, à l’heure qu’il est, tout est mis en œuvre pour mener à bien ce fameux développement, dans la mesure où la voix des urnes à parler. Faire machine arrière est une chose impensable, et l’opposition, bien que curieusement revigoré, ne peut rattraper le temps et l’énergie perdue dans les batailles .. internes. Leur crédibilité, toujours avoisinant le « zéro », donne d’ailleurs encore plus les mains libres à un gouvernement qui n’en attendait pas tant.

L’absence de critiques et de dialogue sur un échiquier politique n’est pourtant pas sans danger. Bien au contraire. Dudley Field Malone déclarait un jour : « je n'ai jamais rien appris d'une personne qui était d'accord avec moi ». Dudley Field Malone serait sans doute mort ignorant s’il s’était aventuré à habiter dans la Grande île, où la tendance, sous quelque régime que ce soit, était de suivre sans rechigner la voix de son maître.

Alan Greenspan en rajoutait d’ailleurs une couche : « si vous m'avez compris, c'est que je me suis mal exprimé ». Comme quoi, en politique, l’esprit critique de l’opposition est toujours un plus non négligeable pour la santé de la démocratie. En revanche, fermer la porte au dialogue, et faire la sourde oreille aux critiques, et pourquoi pas aux conseils, ne ferait qu’affaiblir la démocratie. La question est désormais de savoir s’il est maintenant temps de laisser place aux critiques …
 

Commentaires

j'ai bien compris et j'ai bien lu (merci petit Jésus) la surface et le fond de cet article , aussi comme pour entrer dans le bain , ou plonger serait plus a propos ,me permettrez vous , de faire de même . Je ne suis pas tres sur que les critiques ou que ta recette puisse faire avancer quoi que ce soit .ca ne fait que brasser de l'air ressassant les memes idees qu'auparavant, ah si ... ca a deja ete d'actualité ta recette ; on a deja reflechi et discuté longuement sur la chose mais comme on le constate ca na guere avancé depuis on a laissé tomber .mais le fait est que je comprends aussi le pourquoi de tes idées :la position du donneur de leçon est toujours aisée , j'entends que les personnes qui tiennent les rennes (les dirigeants et non le pere noel),certes ne se montre pas toujours a la hauteur de notre confiance (vote) mais faudra quand meme se dire que si ca n'est pas toi qui est a leur place c'est qu'il ya une raison.D'abord ils ont eu le courage de se porter volontaire pour diriger , et cela malgre les avantages,la reconnaissance, la celebrité, et les sous.. et qu'importe la facon dont on a eu ces derniers. mais tel est que la resposabilités et le stress qui lsont leurs quotidien est plus important et plus pesant encore .ensuite ces personnes qui sont malgre eux a la tete de ton gouvernement ne sont que des humains comme nous (mis a part qu'ils se sont forgé des personalités politiques pour que toi tu les choisisse comme ton boss) enfin... moi je me vois comme si j'etais a leur place , et je les admire de pouvoir supporter autant de critiques venant de leurs administrés , sans pour autant pouvoir leur dire que c'est pour leur bien et qu'elles ont tout fait dans les regles (que frequemment les gens comme toi et moi ignorent) et que le developpement rapide et durable ne se faconne pas a coup de diatribes mais de la bonne volonté et de la contribution de tout le monde (meme ceux qui ne font rien que de critiquer ) bref , ce que tu a osé ecrire m'a un peu emporté et je m'en excuse, ca ne meritait pas autant de reaction de ma part , mais tel est que ton edito concocté a base d'un melange de prudence et de la masturbation intellectuel (trop de chose a retenir) ma fait dég..non.. je ne le dirai pas ... pas ici!

Ecrit par : à list | 25.05.2007

Cher mystérieux (ou mystérieuse ... ?) "à list". Comme le disait Alan Greespan : « si vous m'avez compris, c'est que je me suis mal exprimé ». Il n'en demeure pas moins que les critiques de "tous bords" sont les bienvenus, je leur laisse la place.

Ecrit par : Renaud Rianasoa Raharijaona | 26.05.2007

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