21.05.2007
Que de magies et d’illusions !
Par Renaud Rianasoa Raharijaona
Il y a des jours comme ça où les choses arrivent, sans trop savoir pourquoi ni comment, comme par magie. Ces choses qui arrivent sans crier gars peuvent faire sourire, mais aussi faire grincer âprement les dents. Que dire ainsi du football malgache qui, dans le classement de la fédération internationale de football (Fifa), présidée par le suisse Joseph Sepp Blatter, a connu un bond de onze places pour le compte du mois de mai 2007 !
Le classement, publié le 19 mai dernier, montre un football malgache «revigoré», abandonnant sa piteuse 182e place (sur 199 nations) du mois d’avril pour conquérir la 171e place, désormais. Des places acquises l’on ne sait comment, dans la mesure où les mois d’avril et de mai étaient ceux du doute, du moins pour l’équipe nationale : défaite 1-0 contre le Zimbabwé et déroute face au club du Kaiser Chief ! Mais finalement une victoire 5-0 contre les Seychelles. Sans parler de plusieurs semaines sans sélectionneur. Malgré tout, Madagascar gagne onze places, mieux, au mois d’avril, elle a déjà gagné deux places. Madagascar monte au classement mondial, l’on ne sait comment, comme par magie.
Il n’y a pourtant pas que le ballon qui ne tourne pas … rond. Quand l’électricité marche à compte-goutte dans certaines régions, ceci n’est certainement pas le fruit du hasard. Encore moins les cris du cœur, de désespérance (prévisibles) en prélude à diverses émeutes et manifestations violentes qui ont miné ceux qui sont désormais les anciens chefs lieux de province. Jusque là muet, le ministre de l’Energie a enfin été aperçu la semaine passée à Ivato, accueillant un groupe électrogène de 102 tonnes qui sera opérationnel pour le compte de la capitale au mois … de novembre. Quant régions, elles attendront. Encore heureux que les manifestants se soient rangés depuis, comme par magie.
A partir du mois de novembre, le ministre de l’Energie promet la lumière, adieu les délestages. Ce qu’il ne pourra pas rendre en revanche, ce sont les milliers d’emplois perdus. Car plus d’une entreprise a été obligée de fermer boutique (définitivement ou momentanément) à cause des délestages, trop pressants. Et là, sûrement, la magie n’y pourra rien. A moins que les choses ne s’arrangent par enchantement ? Quoi qu’il en soit, comme aimait à dire Alexandre Dumas : «une illusion de moins, c'est une vérité en plus».
Henri Matisse disait un jour, «il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir». Pourquoi pas en effet. Au-delà des manifestations en série des dernières semaines, des problèmes de délestages qui séviront encore quelques mois, de la pénurie d’huile alimentaire qui se profile à l’horizon, d’un football (fierté nationale dit-on) malade, ou encore, au delà de l’expulsion du père Sylvain Urfer, il y a peut être des fleurs, bien au delà. Espérons ! Où la citation d’Henri Queuille : «la politique ne consiste pas à faire taire les problèmes, mais à faire taire ceux qui les posent» est-elle en train de prendre tout son sens au pays ?
12:55 Publié dans Les Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








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